14-20 Mai
De San Pedro de Atacama à la frontière Bolivienne.
Voila, voila, ne vous impatientez pas! on est toujours en vie, mais comme prévu les connexions en Bolivie tiennent toutes leurs promesses… pour une mise à jour, là on est à la Paz
Les nuages incertains et accrochés au dessus du Licancabur font peur à notre pilote. Du coup changement d’itinéraire, on passe par le Nord du Chili et le parc Lauca afin de pouvoir rejoindre la Bolivie par la route. Un peu déçu de passer si près du Salar d’Uyuni et de ne pas y aller, on grimpe quand même dans le camion pour un itinéraire de plus de 800km avant de rejoindre le parc national de Lauca, le plus au nord du Chili, frontière avec la Bolivie et le parc Sajama.

On décide de longer la côte plutôt que de prendre la Panaméricaine, ce qui nous rallonge un peu la route et on n’a pas le temps d’arriver à Iquique avant la nuit. 18h on choisit le bivouac, on coupe le moteur sur une esplanade au bord de l’océan, et on est prêt à passer notre première nuit en camping-car. Un rituel se met bien vite en place, Romain cuisine, Marion l’aide (un peu) et Gérard fait la vaisselle ! 21h, après avoir déplié les lits, tout le monde dort !
2ème jour, escale à l’heure du déjeuner à Iquique, un important port du Chili. Au menu du Marché ; soupe de poulpe aux oursins et gratin de crabes. Un régal. Au rez-de-chaussée étalage d’espadons tous plus gros les uns que les autres, des fruits de mer en pagaille, et des portions de céviche, coquillages et oursins tout frais prêts à être dégustés à la petite cuillère pour un prix dérisoire (2€ les 200gr d’oursins décortiqués !). On embarque donc notre portion en pensant aux toasts beurrés de ce soir !

Le centre ville d’Iquique est assez joli, avec ses maisons de bois colorées bien conservées, mais on repart en direction de l’ancienne exploitation minière de Nitrate : le village fantôme d’Humberstone. Cette ancienne ville de 5000 habitants (à la grande époque) a été abandonnée en 1960 avec la fin de l’exploitation. Tout a été conservé du mieux possible, et certains lieux sont chargés d’émotion, notamment la Piscine en tôle et ses gradins qui semblent avoir été désertés hier à peine. Ou l’école, où l’on peut encore voir les pupitres et leurs graffitis qui semblent avoir été abandonnés juste pour les vacances. Le ciel menaçant ajoute à ce décor de cinéma une atmosphère poignante.
Plus tard on remontera encore plus loin dans le passé en faisant notre deuxième bivouac aux pieds du Gigante de Atacama, un géoglyphe sur flanc de montagne. Coucher de soleil splendide sur le désert, puis plus tard pluie… en plein désert ça fait tout drôle !
3ème jour, on prend la route en direction d’Arica. Notre dernière chance de passer par les montagnes afin de découvrir la cordillère et ses trésors d’un peu plus près nous échappe encore. Le camion aménagé 4×4 camping-car ne veut pas prendre de risques de passer par les pistes, du coup direction Arica, cette fois-ci la dernière ville du Chili avant le Pérou (ou la Bolivie). Arica est une ville bien moche, surtout par temps maussade un dimanche. Quelques empanadas plus tard, on se dirige vers le seul point d’intérêt ; le musée des momies Chinchorro. Ce peuple de pêcheurs conservait leurs défunts en les démembrant, puis reconstituait le corps à l’aide de peau de phoque, de paille et de terre rouge ou noire suivant la tribu. Bref assez impressionnant surtout de voir quelques exemplaires ! mais très intéressant de découvrir leur histoire et leur manière de vivre. Cette nuit on grimpe à 3000m direct, histoire de s’acclimater avant d’arriver au parc. Les couleurs du soleil couchant sur la vallée sont magnifiques, dommage qu’il fasse déjà trop sombre pour de belles photos.

4ème jour, le soleil est revenu, on se réveille entouré de montagnes enneigées, il commence à faire froid ! Direction Putre, le dernier gros village avant la Bolivie. Arrêt aux thermes de Jurasi histoire de se délasser un moment, puis dernier bout de route avant de découvrir le dessus du gros gâteau meringué de la région : Le volcan Parinacota qui culmine à 6342m rien que ça ! nous on passera la nuit à 4400m ce qui est déjà bien frais !
5ème jour de cohabitation dans le camion, tout va bien, les nuits en altitude se font de plus en plus fraiches, mais on a le confort du chauffage, c’est vraiment grand luxe ! Le village de Parinacota est tout mignon, la fameuse église et son toit de chaume trône sur la place où des vendeuses d’artisanat son postées nonchalamment à chaque angle. On part se faire une balade vers les lagunes de Cotacotani, peu à peu on s’habitue à l’effort et les paysages splendides que l’on découvre n’y sont peut être pas pour rien ! Arrivés sur un bofedal (zone de verdure dans le désert), on rencontre un berger très sympa (qui nous apprend enfin à distinguer les lamas des alpagas), il garde ses lamas un bouquin à la main. Heureux ! Comme on est parti un peu vite sans anticiper le pic-nic, on rejoint vite le camion histoire de se restaurer un coup. En fait ce qu’il faut dire c’est que notre ami Gérard est là en repérage en attendant que sa copine le rejoigne, du coup pour l’instant il ne fait les choses qu’à moitié et nous on est un peu contraints de suivre et de faire des demi-randos … Dernière nuit au bord du lac Chungara (4500m) dominé par le Parinacota, couleurs au coucher du soleil comme au lever incroyables ! On brûle la pellicule !


6ème jour, on passe enfin la frontière Bolivienne. Les longues nattes qui dépassent des chapeaux melons des Boliviennes se baladent sur leurs jupes colorées, les bébés dorment paisiblement dans leur dos, les vieux mâchent de la coca, on débarque vraiment dans un autre monde ! A la frontière, les lamas se baladent au milieu du joyeux bordel que forment les innombrables camions, bus surchargés et douaniers pas trop débordés.
La Bolivie, c’est aussi 4 empanadas pour le prix d’une seule au Chili ! Le petit village de Sajama marque l’entrée dans le parc national du même nom ; situé au cœur de la pampa, entouré par pas moins de 3 volcans, de beaux cônes parfaits, avec juste ce qu’il faut de neige pour les photos. Le paysage est splendide (je me répète là, non ?), des troupeaux de lamas et alpagas à pompons colorés broutent ce qu’ils peuvent. Après quelques km de piste en plus, on arrive sur un site de bassins d’eau thermale, tout à coup la notion de salle de bain prend une autre dimension… On décide de passer la nuit à côté du site des geysers afin de les voir au mieux de leur forme le lendemain matin. Alors qu’on progresse sur la piste, se dévoile petit à petit une vallée magnifique, et au milieu les geysers. Certes moins impressionnants que ceux du Tatio, mais de les avoir pour soi tout seul, dans ce décor de rêve, ça fait toute la différence !
7ème (et dernier jour !), réveil très matinal, balade rapide autour des geysers et on met les voiles ! Préchauffage du camion, et l’escargot se met en route. Environ 200 bornes nous séparent de notre prochaine destination ; Patacamaya où G. va nous déposer avant de continuer sa route vers la Paz. On parcourt l’Altiplano avec plaisir, les paysages qui se succèdent sont tous différents, formations rocheuses lunaires, cultures en terrasse, petits villages, chapelle sortie de nulle part. On apprécie nos dernier km en camion avant de reprendre notre route en amoureux !
Au final le voyage en camion fut une bonne expérience, bien qu’un peu frustrante, car c’est pas nous qui décidons de la route ! Et bien que G. soit très fier de son camion tout équipé 4×4, il roule à 10km/h sur les pistes (et encore s’il peut les éviter c’est mieux…) et 80km/h sur route pour préserver son véhicule et sa maison qu’il trimballe derrière ! On a quand même apprécié le fait de pouvoir se poser n’importe où devant des décors de rêves, d’avoir chaud alors que dehors il fait -15°, de cuisiner à l’intérieur… fin voilà l’expérience camping-car s’achève sur de bons souvenirs, et donne des envies d’indépendance ! Car le stop c’est bien beau, mais en Bolivie, ça ne marche pas !